Lundi 15 Octobre 1917                                             METOG (c)2006-2017 Eric TRIAU <@Contact>

La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires.

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WW1- A Savoir Aussi
 
15 octobre 1917, Mata Hari est fusillée
Le 15 octobre 1917, Mata Hari est fusillée pour espionnage dans les fossés de la forteresse de Vincennes.
Margaretha Geertruida Zelle, née en 1876, est la fille d'un marchand de chapeaux de Leeuwarden (Pays-Bas).
Elle fait ses débuts comme danseuse de charme sous les apparences d'une princesse javanaise dénommée Mata Hari (L'oeil de l'Aurore) au «Musée des études orientales», plus connu sous le nom de musée Guimet, lequel abrite alors une salle de spectacle privée...
Après l'entrée en guerre des puissances européennes, en août 1914, Mata Hari, qui parle plusieurs langues et vient d'un pays neutre, se permet de voyager librement à travers l'Europe. A Paris, elle mène grand train au Grand Hôtel où les uniformes chamarrés abondent.
C'est ainsi que la Belle s'éprend fin 1916 d'un capitaine russe au service de France dénommé Vadim Maslov, fils d'amiral. Il a 21 ans et lui rappelle peut-être son fils mort en bas âge.
Voilà que le beau lieutenant est abattu et soigné dans un hôpital de campagne, du côté de Vittel.
Lorsqu'elle se met en tête de lui rendre visite à l'infirmerie du front, elle doit payer cette faveur de la promesse d'aller espionner le Kronprinz (le prince héritier de l'Empire allemand) qui est de ses connaissances, moyennant une rétribution considérable. Le capitaine Ladoux doit jouer le rôle d'officier-traitant.
La naïve hétaïre se rend en Espagne neutre pour prendre un bateau à destination de la Hollande et gagner l'Empire allemand.
L'Intelligence Service (les services secrets britanniques) met la main sur elle lors d'une escale à Falmouth mais ne peut rien lui reprocher malgré un interrogatoire serré. Poursuivre sa route vers l'Allemagne devenant hasardeux, l'aventurière regagne Madrid où elle ne tarde pas à séduire... l'attaché militaire allemand, le major Kalle.
Celui-ci transmet plusieurs câbles à Berlin traitant de sous-marins à destination du Maroc et de manoeuvres en coulisse pour établir le prince héritier Georges sur le trône de Grèce, en signalant que «l'agent H-21 s'était rendu utile». Ces messages sont interceptés par les Alliés.
L'envoûtante «Eurasienne» fait alors la folie de rentrer en France pour rejoindre son bel officier. Arrivée à Paris le 4 janvier 1917, elle est arrêtée le 13 février à l'hôtel Élysée Palace par le capitaine Bouchardon. Elle sort nue de la salle de bains et, s'étant rhabillée, présente aux gardes venus l'arrêter des chocolats dans... un casque allemand (cadeau de son amant Maslov) !
Le capitaine Bouchardon ne l'en soumet pas moins à des interrogatoires humiliants à la prison Saint-Lazare. On trouve de l'encre sympathique dans son nécessaire de maquillage... Et la danseuse admet avoir été payée par des officiers allemands, tout en affirmant qu'il s'agissait de l'argent du stupre.
Elle est convoquée à huis clos le 24 juillet 1917 devant le 3e conseil militaire, au Palais de justice de Paris. Son défenseur, Maître Clunet - un ancien amant - est un expert réputé du droit international, mais malheureusement peu familier des effets de manche d'une cour criminelle.
A son immense désespoir, Mata Hari entend son cher lieutenant, Vadim Maslov, appelé à la barre, la qualifier d'aventurière. Mais un autre témoin, le diplomate Henri de Marguérie, assure connaître l'accusée de longue date, n'avoir jamais abordé de sujet militaire en sa présence et pouvoir se porter garant de sa parfaite probité....
Las, les mutineries s'étant multipliées sur le front, l'opinion réclame des coupables et veut des exemples... Sensible à l'atmosphère empoisonnée de l'époque, la Cour présidée par le lieutenant-colonel Somprou déclare Mata Hara coupable d'intelligence avec l'ennemi et la condamne à être passée par les armes.
Cette ingénue plus si jeune refuse le bandeau qu'on lui propose et se tient crânement près du poteau d'exécution, lançant un dernier baiser aux soldats du peloton. Personne ne réclame son corps qui est remis au département d'anatomie de la faculté...
 
Par Caius et herodote.net
 
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(Cacao Lacté - 1903)

Le service Pub
Anthelme Mangin
Le soldat inconnu vivant

Le 1er février 1918, un soldat amnésique erre dans la gare de Lyon-Brotteaux. Un poilu sans nom, un soldat sans passé. Interrogé sur son identité, il bredouille qu’il s’appelle Anthelme Mangin. Il est diagnostiqué dément et placé en asile psychiatrique. Pour ce genre d’individus, amnésiques, le seul traitement proposé à l’hôpital à cette époque était l’électrothérapie. En février 1922, son portrait est affiché dans toutes les mairies de France. Aussitôt, trois cents familles se manifestent et affirment reconnaître un fils, un mari, un frère, disparu au feu et dont la mort n'a jamais été confirmée.
Commence alors la longue et douloureuse bataille juridique qui les opposera. Des études de graphologie sont même menées pour aider à son identification. Ceux qui prétendent avoir retrouvé un fils lui présentent des objets ou des photos familiers mais l'homme garde son mutisme ; parfois, ils veulent aussi qu’il se déshabille pour vérifier un signe physique particulier.
Plusieurs pistes sérieuses semblent finalement émerger. Parmi ces pistes, celle qui fait de lui, Octave Monjoin, prisonnier en 1914, victime d’une mauvaise fracture de la jambe. Une troublante expérience d’immersion dans le village natal de Monjoin, Saint-Maur-sur-Indre, est menée ; Mangin s’y comporte comme s’il connaissait les lieux. Une dernière expérience consiste à inoculer dans la cuisse de Mangin de l’essence de térébenthine afin de créer artificiellement un abcès ; la crevaison de cet abcès est censé aider à la guérison psychologique du malade. Fiévreux, Mangin donne au sujet de son état civil des informations concordantes avec l’état civil de Monjoin. Les experts tranchèrent donc en faveur de la thèse Monjoin. Anthelme Mangin mourut  dans la misère sans doute en proie aux restrictions dont furent victimes les internés dans les hôpitaux psychiatriques. En effet, suite à un décret datant de 1938, près de 40 000 internés périrent de cette manière. Il décèda le 10 septembre 1942 et fut enseveli dans une fosse commune à Bagneux, sans avoir jamais pu devenir Octave Monjoin.
Baptisé le "soldat inconnu vivant" par les journalistes, Anthelme Mangin incarna la tragédie de 250 000 disparus, dont les familles attendirent le retour sans pouvoir faire leur deuil.

par Caius
 
Georges Guynemer
Né le 24 décembre 1894 à Paris, mort le 11 septembre 1917 à Poelkapelle (Belgique), Georges Guynemer est le pilote de guerre français le plus renommé de la Première Guerre mondiale, bien qu'il ne soit pas l'as des as (celui-ci étant René Fonck avec 75 victoires).
Capitaine dans l'aviation française, il remporta 53 victoires en combat aérien. Volant sur différents types de Morane-Saulnier et de SPAD (VII, XIII, XII canon), il connut succès et défaites (il fut abattu sept fois), affecté durant toute sa carrière à l'Escadrille 3, dite "Escadrille des Cigognes", l'unité de chasse la plus victorieuse des ailes françaises en 1914-1918.
Faisant preuve d'un courage et d'une fougue sans égal à chacun de ses vols, ne cherchant jamais à se préserver. Sa fin reste en grande partie couverte d'une voile de mystère. Il aurait été abattu alors qu'il lançait une attaque contre un biplace de la "Jasta 3". Sur les lieux du crash, une patrouille allemande aurait découvert son cadavre et ramené ses papiers d'identité. Mais dans la nuit du 11 au 12 septembre 1917, le formidable bombardement britannique qui bouleversa le secteur aurait fait disparaître dans sa tourmente l'avion et le corps du prestigieux pilote.
L'École de l'Air de Salon-de-Provence a repris la devise de Georges Guynemer « Faire Face » et l'Armée de l'air évoque son souvenir tous les 11 Septembre par une prise d'armes sur ses bases aériennes dont deux portent son nom, Paris (état-major) et Dijon.
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Dernière citation - la 26è - lue le 18 octobre 1917 par le général Anthoine, commandant la 1ère Armée

"Mort au champ d'honneur le 11 septembre 1917 - Héros légendaire, tombé en plein ciel de gloire après trois ans de lutte ardente. restera le plus pur symbole des qualités de la race : ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la Foi la plus inébranlable dans la victoire, il lègue au soldat français un souvenir impérissable qui exaltera l'esprit de sacrifice et provoquera les plus nobles émulations."
Wikipédia
Septembre 1914 - Les Taxis de la Marne
Au début de septembre 1914, la ville de Paris est menacée par les armées Allemandes. Le 5 du même mois, elles se sont fortement rapprochées (à seulement une cinquantaine de kilomètres). Le
morale des troupes est au plus bas, mais Joffre, le commandant de l’époque refuse d’entreprendre un replis, qui serait synonyme de défaite. Pour préserver la capitale, il faut envoyer des hommes en renfort.
Le Général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, dispose de 6 000 hommes, mais seulement de 250 véhicules. Il n’a que 1/5ème de ce qu’il lui faudrait!
 
En effet, on décide en hauts lieux d’envoyer 12 000 hommes à Nanteuil-le-Haudin (dans l'Oise). Mais, le train prévu pour les acheminer, ne peut en transporter que la moitié. C’est alors, que
Gallieni autorise le réquisitionnement des Taxis Parisiens.
L’ordre est lancé le 7 septembre à 13 heures. A 18 heures, 600 Taxis sont déjà rassemblés.
Il leur faudra effectuer deux voyages aller-retour à raison de 5 soldats par véhicules, plus tout leur matériel. Les deux convois roulent pendant la nuit jusqu’à Nanteuil-le-Haudouin, tout feux éteints, afin de ne pas se faire repérer. Ce renfort inattendu, -surtout par les Allemands ! - suffit à renverser la situation. L’armée Allemande, dirigée par Von Kluck recule. Paris est sauvée, l’automobile entre dans l’histoire, et Renault aussi.
(La majorité des Taxis engagés étaient des Renault 8 C du Type AG. C’était un petit landaulet, long de 3.60 mètres, animés par un petit et modeste moteur bicylindre de 1 060 cm3.)
par Caius
 
Manfred von Richthofen
Manfred Albrecht, Baron von Richthofen (Breslau, 2 mai 1892 - Vaux-sur-Somme, 21 avril 1918) était un aviateur allemand plus connu sous les pseudonymes petit rouge, le Diable Rouge et le Baron Rouge.
Avec 80 victoires confirmées, il est l'as des as de la Grande Guerre. Il volait dans son Fokker Triplan Dr1 rouge vif, ce qui lui valut son surnom.
Sa dernière mission
Le 21 avril 1918, après avoir décollé de la base aérienne Cappy avec neuf autres pilotes dont son cousin Wolfram, son escadrille rencontra les Sopwith Camel de l'escadrille 209 de la Royal Air Force.
Il prenait aussi soin, depuis des années, de ne pas aller au-dessus des lignes ennemies, ce qu'il fit pourtant ce jour-là. On suppose qu'il était peut-être plus fatigué que d'habitude, ou bien que la bataille aérienne s'était déplacée vers l'ouest, au-dessus des lignes
alliées.
Quand il fit demi-tour pour revenir vers la zone allemande, il survola l'une des portions les mieux défendues de la Somme.
Le triplan se posa intact. Certains témoins affirmèrent que Von Richthofen était mort aux  commandes, d'autres disent que le pilote était encore vivant et succomba à ses blessures plusieurs minutes après, mais les véritables circonstances demeurent floues.
Avec l'accord des hautes instances militaires, on prépara alors des funérailles complètes par respect pour l'as. Manfred von Richthofen fut enterré au cimetière du village de Bertangles près d'Amiens, avec les mêmes honneurs militaires que les pilotes alliés.
Après la fin de la guerre, sa dépouille fut rapatriée en Allemagne, à Wiesbaden.
Il est toujours une légende de l'aviation de la Première Guerre mondiale.
NDLR : Une contre-enquête, très intéressante, sur les possibles circonstances de la mort du Baron rouge a été réalisée par Georges Charles. A lire ici
par Caius
 
6 Septembre 1914 - Bataille de la Marne - Ordre du jour du Général Joffre
"Au moment d'engager une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. Tous les efforts doivent être employés à attaquer et a refouler l'ennemi.
Une troupe qui ne pourra plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer.
Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée."
par Caius
 

 

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