Lundi 8 Mars 1943                                                 METOG (c)2006-2017 Eric TRIAU <@Contact>

Je n'ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur.

10cents
REGION BORDELAISE
 

9 Septembre 1942 - Message de Lucien Duffau à sa femme Françoise

"On vient de m'annoncer que je serai exécuté dans quelques heures. En vérité, je m'attendais à ce dénouement depuis le jour de mon arrestation. Aussi, est-ce avec le plus grand calme que j'aborde ce moment. J'ai devant moi les photos que tu m'as adressées et dans ma pensée se déroulent tous les moments heureux de notre vie commune. Rien que pour ces moments, je puis quitter la vie sans tristesse, à plus forte raison quand viennent s'y ajouter les motifs pour lesquels je meurs et lorsqu'on aperçoit la victoire poindre à l'horizon, fruit de notre effort.
Je te supplie de ne pas être triste, que mon souvenir te soit au contraire une source de réconfort en attendant les beaux jours...censuré... Et mon dernier cri sera Vive la vie!"
Note :
De Saugnac, dans les Landes, Lucien Duffau va diriger la lutte clandestine sur un territoire regroupant les Landes, la Gironde et la Charente. Arrêté le 13 décembre 1941, il subira de longs interrogatoires ponctués de confrontations et de tortures. Sa détention va durer dix mois pendant lesquels Lucien Duffau ne dira rien. Sa femme, Françoise, sera déportée à Ravensbrück.
Par Caius et La résistance en Gironde

 
Les résistants de ST Laurent Médoc
"En avril 1943, autour de Marc Bourguedieu à peine âgé de 18 ans, se forme dans notre commune un petit groupe de résistants. Il comprend Paul Castaing, Francis Fournié, Emile Hostein et le jeune March. Ce dernier prend rapidement le maquis.
 
Le 11 août 1943, sur dénonciation, Paul Castaing est arrêté par deux miliciens et un allemand. Il a juste le temps de détruire une liste comportant les noms de personnes susceptibles de les aider. Marc Bourguedieu, Francis Fournié et Emile Hostein sont quant à eux arrêtés le 14.
Ils restent pendant 5 mois à Bordeaux au fort du Hâ soumis à un régime et des interrogations très sévères. Ils sont ensuite dirigés vers Compiègne puis envoyés en camp de concentration.
Libéré une première fois Marc Bourguedieu revient à Saint Laurent Médoc et réintègre le réseau de résistant. Il est de nouveau arrêté le 14 juillet 1944 et envoyé à Dachau puis Neuengamme. Libéré par les Anglais, il est rapatrié en avion vers l'hôpital de Kremlin-Bicêtre où il va mourir le 11 juillet 1945.
Paul Castaing et Francis Fournié sont dans le même wagon qui les conduit, le 29 janvier 1944, à Buchenwald. A Bar le Duc, en répression à quelques évasions, les prisonniers vont être mis complètement nus dans le froid glacial. Comme bien d'autres Francis Fournié ne résiste pas à ce traitement. Privé de soins corrects il cesse de travailler. Transporté mourant à l'hôpital le 24 mars 1944, il y décède deux jours après.
Alors qu'il passe près de la baraque hôpital Paul Castaing entend murmurer son prénom. Il retrouve son ami Emile Hostein qui se remet lentement d'une pleurésie grâce aux bons soins d'un médecin français. Ensemble ils vont vivre l'abomination de la vie en camp de concentration. Leurs seuls moments de réconfort sont la réception de colis et de lettres envoyés par les familles mais passés au filtre draconien de la censure. Paul Castaing après avoir connu les horreurs de Buchenwald sera libéré le 26 avril et rapatrié le 29 avril 1945. Il décède le 15 novembre 1982. Quant à Emile Hostein son sort n'a pas été meilleur. Il a enduré les affres des camps d'Hablerstad puis Buchenwald où il est libéré le 11 avril 1945. Il décède le 15 février 1990."
Par Caius et la Mairie de St Laurent Médoc
 
Les fusillés de Souge
Le camp militaire de Souge est situé dans la lande girondine, commune de Martignas-sur-Jalle à quelques kilomètres de Bordeaux.
En 1940, après la défaite française, l'armée allemande en prit possession, et y procéda à deux exécutions de personnes isolées arrêtées pour manifestation hostile aux occupants. Le 23 octobre 1941, ce fut au tour d'un jeune syndicaliste. Le lendemain 24 octobre, en représailles à l'action de la Résistance à Bordeaux contre le commandant Reimers, cinquante nouveaux patriotes, pour la plupart emprisonnés à Bacalan (quartier populaire au nord de Bordeaux) dès 1939 pour activités communistes tombèrent à Souge et furent enfouis en pleine terre dans un lieu aujourd'hui clôturé appelé "Première enceinte".
En 1942, les exécutions se renouvelèrent par vagues, la plus forte étant celle du 21 septembre avec ses 70 victimes. Les fusillades se déroulèrent désormais sur un lieu appelé "Deuxième enceinte" et ce, jusqu'à la fin de la guerre. Les corps furent dispersés sur ordre de l'armée allemande dans les cimetières des communes alentour puis, à la Libération, remis aux familles ou enterrés au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux. Par la suite, un certain nombre d'entre eux furent réunis dans un caveau-monument : "le Caveau des fusillés", dans ce même cimetière. En 1943, deux patriotes furent fusillés à Souge. Les allemands, considérant que l'image qu'ils donnaient à la population leur portait tort, et devant les besoins de main d'oeuvre dans les usines allemandes décidèrent cette année-là les déportations massives de Résistants.
Le développement de toutes les formes de rejet de l'occupant et de la collaboration, l'activité des maquis de la région, leur répression, la situation de plus en plus dangereuse pour l' occupant et la perspective de sa défaite, firent de 1944 l'année du plus grand nombre de victimes dans le camp de Souge :cent neuf fusillés en huit mois, la dernière exécution datant du 21 août, à quelques jours de la Libération de Bordeaux. Le curé de Martignas, ville sur laquelle se trouve une partie du Camp militaire, ayant été requis par les Allemands, témoigna après la guerre :à son avis, tous les fusillés n'ont pas été répertoriés. Leur nombre dépasserait trois cent, et les lieux d'exécution connus ou retrouvés à la Libération ont été plus dispersés que les registres ne le laissent apparaitre.
Par Caius et Fusillés-souge-Assoc
 
Paulette Sauboua

Paulette Sauboua est née le 2 octobre 1922, à Eysines.
Elle est arrêtée le 3 janvier 1942 dans l'atelier de confection où elle travaillait, près des quais. Elle se retrouva emprisonnée au fort du Hâ. Elle mourut en prison à Munich, le 21 avril 1945.

Message à son père
"Mon cher petit Papa,

Depuis que je suis ici, bientôt 7 mois finis, je n'ai jamais su ce que tu pensais sur le motif de mon arrestation. Tu dois pourtant savoir ou comprendre pourquoi je suis ici. Tu ne dois pas m"en vouloir. Je sais que tes idées sont les miennes. Tu dois penser que si j'étais restée tranquille, si j'avais attendu simplement les évènements, je ne serai peut-être pas ici. Sois sur que ce que j'ai fait ou rien, c'est pareil et que je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas en avoir fait davantage: je ne regrette que le chagrin que vous avez de me savoir ici, mais sois certain que je ne me plaindrais jamais, j'ai une très grande provision de courage pour supporter tout ce qu'ils nous font. J'ai eu beaucoup de chagrin quand j'ai appris le sort de mon pauvre Clément. Mais, si tu savais comme on se sent fort pour tenir jusqu'au bout, pour pouvoir un jour les venger. Plus que jamais on a envie de cette liberté qui nous est si dure à avoir. Plus que jamais on se sent des idées de révolte. Un jour viendra où les rôles seront reversés et je pense que toi aussi tu verras ce grand jour. Je m'arrête mon cher papa, mais tu devines tout ce que je pense.

De bons baisers de ta grande fille qui t'aimes."


Paulette

Par Caius et La résistance en Gironde
 
Les époux Dupeyron
Entrés dans un groupe bordelais de F.T.P. ils se rendent en Charente récupérer des armes. C'est là, pendant la nuit du 28 juillet 1942 qu'ils sont arrêtés par deux policiers français, dans la ferme Guillon à Sainte Sévère, près de Jarnac.
Le calvaire commence alors pour les Dupeyron qui sont d'abord conduits à la prison de Cognac, puis, à la kommandantur de la rue de Budos.
Elisabeth est ensuite conduite à la caserne Boudet puis au fort du Hâ.
Albert Dupeyron est fusillé le 21 septembre 1942, à Souge.
Elizabeth est transférée, le 14 octobre 1942, au fort de Romainville "Front stalag 122", les Lilas. Durant son séjour en ces lieux, elle parvient à confectionner, pour ses enfants, deux poupées en chiffons qu'elle réussira à leur faire parvenir. (Ce témoignage émouvant se trouve au Musée des Amis du vieux Lormont, dans la boîte à cigare ayant permis l'envoi.)
Le 23 janvier 1943, Elisabeth Dupeyron part pour Auschwitz avec le matricule 31731. Le 13 novembre 1943, elle est envoyée dans la chambre à gaz....
Par Caius et La résistance en Gironde
Le tunnel des déportés - Gare Saint Jean - Bordeaux
En gare de Bordeaux, sous le quai numéro 1, subsistent les traces d'un passage souterrain qu'ont emprunté les déportés en secret.

 
lls ont du passer par là dans ce souterrain de la gare Saint-Jean, assez haut de plafond pour se tenir debout, assez étroit pour s'y bousculer quand on ordonnait de presser le pas.
En tout cas il ne fallait pas traîner à en croire les inscriptions encore bien lisibles " WEITERGEHEN, AVANCEZ ", peintes en lettres noires sur les murs, avec flèche à l'appui qui pointait une destination encore inconnue. A cinq mètres sous terre, cette étrange galerie qui, comme d'autres, truffe le sous-sol de la gare, est au-dessous du quai numéro 1. Elle abrite quelques matériels, quelques fournitures et des câblages techniques accrochés tout le long des murs.
On n'a pas retrouvé de documents écrits sur ce couloir gris pour la simple raison que ceux qui l'on emprunté ne sont jamais revenus de leur destination finale. Mais, au vu de la disposition des flèches, on peut penser que les déportés ont emprunté ce souterrain à partir du bâtiment nord de la gare, à deux pas du pont en U, côté poste. Il y a effectivement la place de garer les autobus qui auraient pu amener, du camp de Mérignac, les juifs et autres internés ou tout juste raflés qui allaient être conduits à Drancy avant de rejoindre Auschwitz. Ici, derrière une porte, une dizaine de marches conduisent à ce sinistre couloir qu'ils ont emprunté. Une descente dans un monde clos où flottent des odeurs indéterminées...
Ils ressortaient plus loin, au bout du quai A, là où se trouvait alors la gare de marchandises, aujourd'hui occupée par les messageries.
En les faisant passer ainsi sous terre, ils partaient, ni vu ni connu, vers les camps, français d'abord, allemands ensuite. Ces voyageurs sans bagages ne croisaient jamais les autres. Tout se passait donc à l'abri des regards. Qui les a vus le 28 juillet, le 26août 1942, le 25 novembre 1943, le 12 janvier 1944 ... ?

 
Par Caius et Sud-Ouest
 
18 Avril 1945 - Soulac libéré par Le Bataillon de Marche Somali

Le bataillon est affecté à la Brigade de Marche du Médoc qui est rattachée à l'armée de l'Atlantique commandée par le général de l'armée de Larminat. Les conditions de guerre sont difficiles voire même risibles : aucun moyen de transmission, peu de vivres, si ce n'est quelques conserves de viandes séchées qui ont fait la traversée depuis Djibouti avec les soldats, une vieille 402, un camion, quelques charrettes à bras et un vélo sans chambre à air pour les moyens de locomotion. La bataille s'annonce alors déjà perdue d'avance.
Les somalis s'installent en face du village de Gua, près des marais de la Perge qui ont été inondés par les forces adverses. Le 12 avril, il est décidé qu'une attaque décisive sera menée vers Soulac. Pour cela, les somalis sont choisis pour leur endurance et leur volonté pour effectuer le travail le plus difficile : établir une tête de pont au nord des marais. Les "lévriers" seront les élus du chef d'état-major.
Le 15 avril correspond à la première vague d'assaut. Trois heures et demi de combats marins sous les grenades allemandes plus tard, ceux-ci sont sur la berge ennemie. Ils obtiennent la reddition du village de Le Trieu, cinquante-trois prisonniers et la prise de trois blockhaus. La 2° compagnie subit de lourdes pertes à cause des tirs de mortiers ennemis. Soixante-dix hommes seulement sont valides. Pourtant, à seize heures trente, c'est avec une ardeur nouvelle qu'ils combattent : quatorze prisonniers ennemis et  le repli des derniers défenseurs sont obtenu, deux armes automatiques sont mise hors combat. Cependant, il y a dix-sept tués, quarante trois blessés et quatre-vingt prisonniers en tout dans les deux camps.  

 Le 18 avril 1945, vivres, munitions et hommes permettent au bataillon de libérer Soulac après quatre heures dans la vase et l'eau jusqu'au cou. Le 22 avril, De Gaulle accroche lui-même une palme au fanion du bataillon. La croix de guerre est accompagnée de cette citation :
"
Bataillon qui, sous le commandement calme et énergétique du chef de bataillon de Bentzmann a, par sa valeur, sa bravoure et son opiniâtreté, réussi, le 15 avril 1945, le franchissement de vive force, sous le tir violent et ajusté de l'ennemi, de la ligne d'eau du Gua large de plus de 400 mètres. Par son habile manœuvre, a fait tomber les défenses ennemies du Gua. dans la seule journée du 18 avril, a bousculé l'ennemi sur les fortes positions d'un fossé antichars et, d'un seul élan, a enlevé le village de Vieux-Soulac ainsi que l'ensemble très fortement bétonné et vigoureusement défendu des ouvrages constituant le poste de commandement de la forteresse ennemie de la Pointe de Grave. Aux cours des deux journées de combat a fait 300 prisonniers"
 

par Caius
 
Citation décernée à la brigade de Marche du Médoc par le général de Larminat

"Commandée par le général de Milleret qui en a été simultanément l'âme, le chef tactique et l'entraîneur à la Pointe de Grave, a mené pendant  sept jours dans la Pointe de Grave du 14 au 20 avril, un combat exceptionnellement dur contre un ennemi enragé à se défendre, allant jusqu'à se faire sauter plutôt que de se rendre, très fortement armé et appuyé sur des ouvrages cuirassés à toute épreuve, couvert par un terrain d'inondation dont les passes étroites étaient littéralement bourrés de mines. A tué 947 allemands, pris 100 ouvrages bétonnés et 90 pièces de canon, fait 330 prisonniers. Fait d'armes qui mérite de prendre rang dans les annales de cette guerre. La présente  citation comporte le droit au  port de la croix de guerre avec étoile d'argent aux drapeaux, étendards et fanions des formations de la brigade."

Envoyé spécial
 
Quelques messages personnels

* Célestin ira dîner chez Anastasie
 * Jean a de longues moustaches
 * Ce soir, l'héliotrope sent la vanille
 * Il fait chaud à Suez
 * Les dés sont sur le tapis
 * Marguerite n'a pas froid aux yeux
 * les deux pigeons se promènent sur le balcon

Par Caius et Doctsf.com
 
Dates

* 7 Décembre 1941 : Pearl Harbor
 * 6 Juin 1944 : Débarquement en Normandie
 * 6 Septembre 1914 : Bataille de la Marne
 * 17 décembre 1939 : Sabordage du cuirassé allemand "Graf Spee" au large de Montevidéo (Uruguay)

par Caius
 
Auschwitz n°31.714

Andrée Tamisé est morte le 8 mars 1943. Elle était déjà affaiblie par la dysenterie quand elle a eu une congestion pulmonaire. Pourtant, elle voulait tenir, ne pas quitter Gilberte, sa soeur, ne pas aller au revier. Au bras de Gilberte, elle se traînait vers les marais, vers les briques, vers le sable. Elle respirait de plus en plus difficilement. Un jour, elle a dit à Gilberte: "Je ne peux pas te suivre". Après l'appel elle a voulu se mettre dans la colonne de celles qui entraient au revier. Des Polizeis l'on refoulée: il y avait trop de malades, ce jour-là. Elle a été rouée de coups et renvoyée au block. Les commandos de travail étaient déjà partis. Elle a essayé de se cacher dans le block, d'y attendre le retour de Gilberte. Une stubova l'a découverte, l'a traînée dehors, l'a battue. Le soir, Gilberte a trouvée Andrée sale, couverte de boue, bleue de coups, épuisée. Andrée est morte dans la nuit, près de sa soeur qui, le matin - le matin, c'était la nuit noire, le réveil était à trois heures - , en sortant pour l'appel, a porté Andrée dehors, l'a déposée le long du mur du block, dans la boue. Tendrement. Et Gilberte est allé à l'appel...
 

La maison familiale des Tamisé à  Caudéran porte maintenant cette plaque : "Andrée Tamisé, née dans cette maison le 28 février 1922, morte à Auschwitz le 8 mars 1943".

Par Caius et La résistance en Gironde


(Jeux dangereux - 1942)

Francine Bonnet-Caillou
Francine Bonnet est née le 23 avril 1924 à Bruxelles. Sa famille, française, y était établie pour ses affaires.
En mai 1940, devant l'avance allemande, elle fuit avec sa famille, d'abord jusqu'à Paris puis, jusqu'à Bordeaux.
Agée de 18 ans et de sa propre initiative, elle entre l'été 42 comme sténodactylo interprète à l'intendance de police de Bordeaux où elle rencontre le sinistre commissaire Poinsot.

"Je rentrais parmi les loups avec inquiétude mais avec satisfaction:
sciemment je prenais ce poste pour être en mesure de renseigner la Résistance
."

C'est sa connaissance de l'Allemand qui lui permet d'obtenir ce poste.
Elle communique alors à la Résistance de nombreux renseignements; informations tant sur l'armée allemande que sur les enquêtes effectuées par les polices française et allemande sur la Résistance. Les réseaux avec lesquels elle travaille sont "Brutus", "Navarre" et surtout "Jade-Amicol", un réseau lié à l'Intelligence Service britannique.
A la suite de l'arrestation puis du passage à l'ennemi de deux membres de "Navarre", les frères Lespine, elle est arrêtée le 8 février 1944, elle ne parle pas. Sa mère Eugénie Bonnet est arrêtée, son frère Jacques Bonnet, parvient à s'enfuir mais sera finalement lui aussi arrêté (Il mourra en déportation).
Francine Bonnet est enfermée au fort du Hâ, un officier allemand vient lui dire qu'elle est condamnée à mort, mais elle est finalement déportée en Allemagne, ainsi que sa mère, Eugénie. Elles sont transportées à Romainville, puis un convoi les emmène de la gare de l'Est, le 6 juin 1944, à Ravensbrück où Eugénie mourra en décembre 1944.

Francine Bonnet est transportée en juillet 1944 de Ravensbrück à Leipzig où elle est contrainte au travail dans l'usine Hasag, un commando extérieur de Buchenwald.
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Datée du 14 juin 1945, la citation qui suit est signée du général Juin.
"Le général de Gaulle, Président du Gouvernement Provisoire de la République Française, Chef des Armées, cite à l'ordre de la division Bonnet Francine, Suzanne. D.G.E.R. F.F.C:

A fourni pendant un an des renseignements très importants sur l'activité allemande, dans les milieux policiers. A permis le sauvetage de plusieurs agents menacés d'arrestation.
Arrêtée et torturée, a fait preuve de courage en ne livrant personne de son équipe. Déportée en Allemagne, est rentrée de Buchenwald le 19 mai 1945."

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre 1939 avec étoile d'argent.
Par Caius et La résistance en Gironde
 
Opération "Vénérable" - la libération de la "poche" de la Pointe de Grave
Face à l'avancée alliée à l'été 1944, Hitler ordonne aux secteurs fortifiés de la côte ouest de la France de résister. Au printemps 1945, les armées de libération laissent ainsi à l'arrière des poches littorales de résistance allemande à Dunkerque, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle, sur l'île de Ré, l'île d'Oléron, à Royan et sur la Pointe de Grave. Ce front est défendu par 100 000 hommes à l'abri derrière le puissant dispositif de l'organisation Todt du Mur de l'Atlantique : 1000 blockhaus, 1300 pièces d'artillerie protégés par des mines et des barbelés.

Le site de la Pointe de Grave, élément du mur de l'Atlantique dans le secteur de Royan permettant aux Allemands de contrôler l'estuaire de la Gironde en direction de Bordeaux est fortifié dès 1942
Les groupes de résistants, actifs dès cette époque, harcèlent la Wehrmacht. Ils conduisent des actions de sabotages dirigés contre le réseau ferré, les postes de communications, les réserves, etc., des coups de main, des opérations d'évasion et de renseignement des assiégeants
Le général Edgard de Larminat, nommé par de Gaulle à la tête des forces françaises de l'ouest (FFO) en octobre 1944, dispose de 75 000 hommes et des blindés de la 2e DB de Leclerc, pour mener à terme sa mission de libération du territoire national. Ces troupes sont soutenues par l'aviation et l'artillerie anglo-américaine. "Le général de Larminat avait pris pour premier objectif les positions ennemies à l'embouchure de la Gironde. Sur la rive droite, Royan et ses abords, sur la rive gauche la Pointe de Grave, au large l'île d'Oléron formaient ensemble un système puissant et solidement tenu" (De Gaulle).
Le 14 avril 1945, à 6h35, l'attaque est simultanément déclenchée à la Point de Grave et à Royan. Les chars et l'infanterie, précédés par les artilleurs et les bombardiers, enfoncent les positions allemandes. Si la poche de Royan est réduite le 18 avril, il faut encore quatre jours aux hommes de la brigade de forces françaises de l'intérieur (FFI) "Médoc" du colonel Milleret, aidés par les blindés de la division Leclerc, pour obtenir la capitulation des défenseurs, le 20 avril à 20h30
Par Caius et Les cheminsdememoire.gouv.fr
 
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(Turenne - 1935)

Le service Pub
 
Les époux Castéra

La maison d'Hélène et d'Albert Castéra sert de relais aux responsables clandestins qui assurent des missions ou des liaisons dans la région jusqu'au 11 juillet 1942 où la police arrête, en gare Saint Jean, un couple dont les deux valises contiennent armes et tracts contre l'occupant. Ils viennent de passer la nuit chez les Castéra.
 C'est l'arrestation, le 13 juillet 1942, du père et de la mère Castéra qui sont incarcérés au Fort du Hâ.
Hélène, après un transfert à Romainville est déportée à Auschwitz avec le convoi du 24 janvier 1943. Elle y mourra de dysenterie au mois de mars. Elle est agée de 55 ans.
Ces deux fils seront fusillés au camp militaire de Souge, le 21 septembre 1942.

Par Caius et La résistance en Gironde
 
Laure Gatet

Elle adhère au réseau C.N.D (Confrérie Notre-Dame), en janvier 1941, date officielle
Elle assure les liaisons, avec le grade de sous-lieutenant. Elle porte les messages, soit à la frontière espagnole, soit en passant la ligne de démarcation pour transmission à Londres ou aux agents de la zone libre. Un ausweiss lui permettait de faire, toutes les semaines, le trajet Bordeaux-Périgueux; elle déposait, à Sainte Foy la Grande, le courrier destiné à monsieur de la Bardonie qui, par radio, faisait parvenir à Londres l'ensemble de ces informations. Chaque semaine, elle subissait une fouille complète à Montpon. Déshabillage complet. Chaque semaine, elle annonçait en souriant:"Ils n'ont rien trouvé!". Le courrier passait dans une boîte de poudre à récurer.
Le 10 juin 1942, elle est arrêtée sur dénonciation et emprisonnée à la caserne Boudet. Martyrisée au Fort du Hâ, elle gardera le silence. Transférée à la prison de la Santé, où elle restera du 14 juin au 12 octobre 1942, elle passera par Fresnes, du 13 octobre au 15 janvier 1943, date où elle parviendra à Romainville. Et c'est le convoi du 24 janvier 1943 qui la conduira à Auschwitz. Elle y décèdera le 25 février 1943, sous le matricule n°31833

Par Caius et La résistance en Gironde
 
Eux aussi

* Guillon Prosper
Fusillé le 21 septembre 1942, au camp de Souge

 




 * Girard Jean
Fusillé le 24 octobre 1941 à Souge






 * Girard Pierre
Fusillé le 24 octobre 1941 à Souge
 




etc... etc...

par Caius

 
                                                                    Fond sonore : Pearl Harbor