Mardi 6 Juin 1944                                                 METOG (c)2006-2017 Eric TRIAU <@Contact>

Attaque par le verbe et défends-toi par les armes.

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6 Juin 1944
 
Memoires...
"Personne ne se rappelle la date de la Bataille de Shiloh. Mais le jour ou l’on a pris la plage de « Fox Green », était un six juin, et le vent soufflait fort en provenance du nord-ouest. Alors que nous avancions vers la terre, dans la pâleur grise de l'aube, l'embarcation de fer ressemblant à un cercueil de douze mètres, prenait des paquets d'eau verte qui retombaient sur les têtes casquées des hommes serrés épaule contre épaule, dans l'inconfortable, l’insupportable, la dure solitude des soldats allant au combat."
Ernest HEMINGWAY
 
Overlord - 6 Juin 44
 Avant son déclenchement, ce débarquement semblait étre une entreprise risquée. Les Alliés devaient débarquer sur une côte occupée depuis 4 ans et qui était parsemée d'obstacles. Les Allemands disposaient à l'ouest de 58 divisions et 10 d'entres elles étaient des divisions de Panzer extrêmement mobiles. Les forces allemandes de l'Atlantique totalisaient 17 divisions soit 250 000 hommes, sous le haut commandement du feld-maréchal Rommel. Ce débarquement, nom de code : "Overlord", fut préparé dans le secret en Angleterre, dès 1943. Il fut placé sous le commandement du général américain Dwight Eisenhower.
Le 6 juin 1944, à l'aube, 4 000 navires de transport de troupes encadrés par 700 navires de guerre s'approchèrent des côtes normandes, entre l'estuaire de la Seine et la pointe du Cotentin.
Cette armada s'étalait sur un front de 35 kilomètres et transportait pas moins de 130 000 hommes et 10 000 avions protègaient le débarquement.
Dans la nuit du 5 au 6 juin, des parachutistes furent lâchés derrière les lignes allemandes, notamment autour de Sainte-Mère-l'Eglise.
Les avions alliés commençèrent à bombarder les fortifications des plages et des falaises qui composaient le fameux "mur de l'Atlantique".
par Caius
 
Quelques messages personnels
* Les sanglots longs des violons de l'automne
 * Bercent mon coeur d'une langueur monotone
par Caius
 
Utah beach
6h 30 du matin, le 8e régiment de la 4e division d’infanterie américaine du général Barton, épaulé par des chars amphibies, débarque devant les dunes de La Madeleine, distantes de quelques kilomètres seulement du bourg de Sainte-Marie-du-Mont. En raison d’une erreur de navigation, les premières vagues d’assaut ont - en fait - pris pied à environ 2 kilomètres au sud de l'endroit prévu. Erreur providentielle puisque les défenses allemandes sont ici nettement moins redoutables. Déportées sur leur gauche par les puissants courants côtiers, les péniches abordent donc face aux ouvrages du WN 5, sévèrement malmené par les bombardements aériens et navals, qui n'offre qu'une faible résistance.
La plage est rapidement nettoyée de ses obstacles par les hommes du génie et le gros des troupes peut débarquer sans encombre, en dépit des tirs sporadiques de la batterie de Crisbec. Sans plus attendre, les hommes du général Barton franchissent les marais en empruntant les « chaussées » et pénètrent vers l'intérieur. Le contact avec les parachutistes est établi en début d’après-midi du côté de Pouppeville.

Les pertes de la 4e division (tués, blessés et disparus) ne dépassèrent pas les 200 hommes pour la journée du 6 juin.
par Caius
 
Gold Beach

la 50ème division d'infanterie britannique et la 7ème division britannique débarquèrent à 7h25 sur une plage de 5 kilomètres de long. Lors du débarquement, de nombreux blindés furent détruits par les mines et les fortins allemands, mais le génie britannique réussit à ouvrir un passage à l'aide d'explosifs. La batterie de Longues fut neutralisée après une journée de combats avec l'artillerie navale alliée. Au terme de cette journée, 413 Britanniques étaient tués, blessés ou disparus pour 25 000 hommes débarqués.

par Caius
Citation...
"Ne demandons pas à Dieu pourquoi de tels hommes devaient mourir à la guerre... Laissez-nous plutôt remercier Dieu que de tels hommes aient vécus..."
Général George S. Patton
 
Citation...
"Le plus beau du débarquement, c'est que j'ai l'impression que des amis approchent."
Anne M. Frank 6-6-44
 
Citation...
"Nous étions frères, nous le serons toujours. Ils sont morts pour que nous puissions vivre. Je les remercie pour ce qu’ils nous ont donné"
Sergent Bob Slaughter
(29DI, 116th, Cie D)
Omaha Beach 7-6-44
 
Omaha beach

S’il est un endroit où le Débarquement a failli échouer, c’est bien sur la plage d’Omaha Beach, lieu de débarquement du 5ème corps d'armée US. Débarquant à 6h30, les premières vagues, accueillies par un feu nourri, sont clouées sur la plage.
Les bombardements aériens de la nuit, comme les tirs déclenchés par l'artillerie de marine avant l'assaut, se sont révélés fort peu efficaces. Les défenses allemandes, pratiquement intactes, prennent la plage en enfilade et sèment la mort dans les rangs des assaillants. Comble de malchance, les chars amphibies ont presque tous sombré avant d'atteindre la côte, privant ainsi les fantassins d'un indispensable appui d'artillerie. Au fil des heures, la situation ne cesse d'empirer. La plage, de plus en plus réduite du fait de la marée montante, s'encombre de cadavres roulés par les flots, d'innombrables blessés et de carcasses fumantes d'engins détruits par les obus. Les péniches apportant les renforts s'empalent ou sautent sur les obstacles que les hommes du génie, décimés par les pertes, n'ont pas réussi à dégager à temps
Après un calvaire de plusieurs heures pour les soldats américains, la situation évolue enfin en leur faveur. Faute de pouvoir emprunter les vallées, trop solidement défendues, les Gi's, à force d'énergie et de courage, parviennent en fin de matinée à escalader l'escarpement et à s'infiltrer par petits groupes sur le plateau pour prendre à revers un ennemi dont la résistance commence d’ailleurs à faiblir.

Une tête de pont de 2 kilomètres de profondeur et de 8 kilomètres de large fut établie.

Cette plage coûta la vie à 3.336 soldats alliés... elle prit le surnom d'"Omaha la sanglante".
 

par Caius
 
Pointe du Hoc
A la pointe du Hoc, les 225 rangers du  Lieutenant-Colonel Rudder débarquèrent à 7h10 et prirent d'assaut le flanc de la falaise pour neutraliser la batterie qui se trouvait à son sommet. 20 minutes après le débarquement, les casemates furent prises aux Allemands mais il s'avéra que les canons avaient été déménagés peu de temps auparavant. Les Allemands lancèrent alors une contre-attaque. Pendant 36 heures les 140 rangers survivants résistèrent aux Allemands. Au terme de cette odyssée, seuls 90 Américains survécurent.
par Caius
 
Juno Beach
la 3ème division d'infanterie canadienne débarqua 15 000 soldats canadiens et 9 000 soldats britanniques à 7h55. Les pertes en chars amphibies furent élevées mais à 9h30, Bernières-sur-Mer fut libérée. A 10h Courseulles était libérée et à 11h30 le fortin de Saint-Aubin fut pris.
Le soir, une tête de pont était enfin créée. 304 soldats étaient morts, 574 étaient blessés et 47 étaient prisonniers.
Envoyé special
 
Sword Beach

La 3ème divsion d'infanterie britannique débarqua à 7h30. Les navires alliés et les avions avaient pilonnés les défenses allemandes mais de violents combats retardèrent les troupes britannique. Sur ses ailes, elle est épaulée par les "bérets verts" de deux brigades spéciales de commandos. A l'est, la 1ere brigade, commandée par lord Lovat, a pour mission de prendre pied à Colleville avant d'obliquer sur sa gauche et de prendre Ouistreham de flanc. Elle compte dans ses rangs les 177 fusiliers-marins français du lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer. A l'autre extrémité du secteur, la 4e brigade doit, également par voie de terre, enlever Lion-sur-mer et Luc-sur-mer. A 10h Hermanville fut pris, mais on dénombrait 604 tués ou blessés. Le lendemain Lion fut libérée. 28 845 hommes avaient réussi à débarquer.

Envoyé special
6 Juin 1944 ...
Les 130 parachutistes de la 6ème division aéroportée britannique, qui avaient atterri à bord de planeurs s'emparèrent des ponts de Bénouville (Pegasus bridge) et de Ranville dans la nuit du 5 au 6 juin. A 3h 1 000 soldats alliés arrivèrent en renfort.150 hommes s'emparèrent de la batterie de Merville le 6 juin. Hélas cette batterie fut reprise par les Allemands jusqu'au 18 août.
Les Alliés avaient prévu également de grands artificiels à Saint-Laurent-sur-Mer et à Arromanches. C'étaient d'énormes blocs de béton coulés qui constituaient des digues flottantes. Hélas, le port de Saint-Laurent-sur-Mer fut détruit par une tempête fin juin et fut abandonné. Le port d’Arromanches, achevé le 19 juillet, fut utilisé jusqu’à l’automne 1944.
Au soir de ce jour fatidique, les Alliés avaient perdu 12 500 hommes, mais avaient réussi à établir une solide tête de pont en France.
Pour contrer ce débarquement, les Allemands perdirent des heures précieuses en discussions. L'élément le plus proche de la réserve était le 1er corps de Panzer SS qui se trouvait près de Paris mais Hitler refusa d'envoyer cette réserve sur la côte normande, persuadé qu'un autre débarquement aurait lieu dans le Pas de Calais. Lorsqu'il se ravisa, les Alliés avaient fermement pris pied sur le sol français.
Envoyé spécial
 
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(Cork Distilleries - 1900)

Le service Pub
 
Commando Kieffer
Le capitaine de corvette Philippe Kieffer et 176 de ses hommes seront parmi les premières troupes alliées à prendre contact avec la terre française, à l'aube du 6 juin 1944. Après un débarquement mouvementé et meurtrier sur la plage de Colleville, l'assaut contre les positions ennemies commença peu après 8 heures. Les combats durèrent jusqu'à la fin de la matinée. Le "4 Commando" s'empara de Riva-Bella et Ouistreham avant de faire sa jonction avec la 6ème division aéroportée, qui tenait Bénouville. Dans la soirée, Kieffer et ses hommes entrèrent dans le Plain-Amfreville, d'où ils continuèrent à tirer sur les positions ennemies. Le bilan de cette première journée était lourd pour les Français : 21 tués, 93 blessés - dont Kieffer, qui avait reçu un éclat à la cuisse, mais ne sera évacué que le 10 juin. Le lendemain, les Français en état de combattre se trouvaient à 14 kilomètres à l'intérieur des terres, après avoir atteint tous leurs objectifs.
 
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(Sergent York - 1941)

 
                               Fond sonore : Il faut sauver le soldat Ryan